Anvers et damnation est le cinquième volume des aventures de Luc Mandoline, le thanatopracteur fétiche de l’atelier Mosésu.
Je vous rappelle le principe : un auteur différent à chaque volume pour un personnage qui lui est récurent (eh oui c’est ça… comme pour le Poulpe !). Cette fois-ci, c’est Maxime Gillio qui s’y colle et attention ça tâche.
4ème DE COUVERTURE :
Et si DSK avait été tué dans une chambre d’hôtel ? Et si cet hôtel se trouvait en Belgique et non à New York ? Et si ce n’était pas le FBI qui enquêtait, mais Luc Mandoline, alias l’Embaumeur, le thanatopracteur préféré de ces dames ? Et si les pages de ce roman dégoulinaient de sueur, de sang et d’humour noir, vous le liriez, vous ? Oui ? Alors qu’est-ce que vous attendez ?
MON AVIS :
Ça commence très fort par une préface hilarante de Paul Colize. Ce dernier met en garde le lecteur sur la teneur du livre. Et il a raison le bougre !
Maxime Gillio fait dans la dentelle, pas dans le sens d’une écriture délicate non, la dentelle dont je vous parle se situe plutôt sous les vêtements des demoiselles que croisent Luc Mandoline et son comparse Sullivan.
Les nombreuses aventures de notre embaumeur ne relèvent pas que du domaine de l’enquête policière, loin de là. La recette est simple, de l’action (violente), du sexe (sauvage) et de l’humour (gras et noir).
La scène d’ouverture est outrageusement représentative du reste du livre. Dès le départ nous sommes prévenus, Maxime Gillio veut nous divertir. Le garçon réussi avec brio, on s’amuse beaucoup à la lecture de sa prose qui n’est pas piquée des vers :
« Bien que découpé en tranches, j’arrive à identifier une cervelle, une vessie, des poumons, un estomac, mais je suis formel, pas de cœur ! Je sais bien que les politiques en sont souvent dépourvus, mais nous pauvres quidams, en n’avons pas le monopole. »
Les références à l’affaire DSK sont bien présentes comme le laissait présager la 4ème de couverture et l’intrigue tient la route, même si les personnages sont eux complètement fêlés (un black, type armoire à glace, proxénète et sataniste par exemple).
L’ensemble est maîtrisé et, malgré la folie apparente, l’auteur sait exactement là où il veut nous emmener (en Belgique pour le coup).
C’est con comme une blague belge, torride comme un brigade des mœurs (enfin je dis ça je n’en ai jamais lu moi…) mais toujours distrayant.
J’ai également apprécié les références aux textes de Brel qui sont disséminées un peu partout dans le roman.
Parce que la lecture n’est pas forcément obligée d’être intellectualisée à outrance, j’aime le côté brut de décoffrage et sans complexe d’Anvers et Damnation.
En conclusion je dirais que Maxime Gillio se l’est joué comme Queen sur A night at the Opéra : « Let Me entretien You »
Ici le Mac (ro) il pisse (de rire), ok je sors !
Atelier Mosésu
Septembre 2013
240 pages
9.95 eur