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Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

Interview Barbara Abel décembre 2013

Publié le 6 Décembre 2013 par Dubruit Danslesoreilles in interviews

Interview Barbara Abel décembre 2013

Bonjour Barbara, je voulais commencer par vous remercier, car, en mars dernier, vous avez été la première à accorder une interview à DBDLO (le blog avait alors tout juste trois mois). Vous avez ouvert la voie, et c’est un peu grâce à vous si d’autres auteurs se sont succédé en ces pages.

Merci à vous. J’en suis très honorée.

Vous revenez aujourd’hui avec Après la fin, qui est la suite de Derrière la haine. Était-il évident dès le départ qu’il y aurait une suite au premier volume ?

Sincèrement, non. Le vrai point de départ de cette suite, ce fut une grosse prise de tête avec mon fils, pré ado, à la suite de laquelle je me suis jurée de mettre un ado dans mon prochain roman. Je me suis dit que, pour des parents, c’était une source de tension intéressante à exploiter. On a beau savoir que c’est un passage obligé, qu’on est passé par là, que c’est une étape, que ça va passer… les nerfs sont mis à rude épreuve. A la suite de cet épisode tendu avec mon fils, j’ai repensé à Milo. Et l’idée d’imaginer ce qu’il était devenu après les drames qu’il avait vécus s’est insinuée en moi. Mais la condition sine qua non pour aborder cette suite, c’était de trouver un fin aussi « choc » que celle de « Derrière la haine ». J’ai flirté avec l’idée pendant quelques temps… Lorsque j’ai trouvé la fin, je me suis lancée.

Pourquoi avoir choisi de placer l’action sept ans après le précédent tome ?

Justement à cause de cette idée de suite. Je voulais un ado. Milo devait donc avoir grandi. Il avait 7 ans à la fin de « Derrière la haine », j’avais envie qu’on le retrouve à 15 ans. Et puis, c’était plus intéressant d’en faire un personnage plus responsable, qui ait son libre arbitre et qui ne soit plus un enfant que l’on peut manipuler à sa guise.

Vous situez le lieu du drame dans une petite banlieue très calme, les personnages sont à la base tout ce qui a de plus commun ; pour vous, le mal prend ses racines dans notre quotidien ?

J’ignore où le mal prend ses racines… J’imagine que c’est en chacun de nous. Nous sommes capables du pire comme du meilleur. Si l’homme a créé dieu à son image, il a fait pareil avec le diable. ;-)

Le thème de l’enfance est très présent dans vos écrits, est-ce un moyen d’exorciser vos peurs de mère ?

Certainement : ce sont mes peurs de mères qui me donnent les idées de beaucoup de mes romans. Je puise souvent – presque toujours d’ailleurs – mon inspiration dans mon quotidien. Et mes enfants prennent une grande place dans ce quotidien. Mettre en scène mes angoisses est une façon de prendre du recul, de filer la patate chaude aux autres, le lecteurs en l’occurrence (pardon, pardon ;-) ). De plus, je pense que mes angoisses sont celles de beaucoup de parents, ça me permet de faire jouer la catharsis. Mon talent est peut-être tout simplement celui de pousser certaines situations le plus loin possible tout en traduisant du mieux que je peux les émotions, positives et négatives, que beaucoup de gens éprouvent. Si ce genre d’histoires me sert d’exutoire, c’est également vrai pour le lecteur : après avoir lu les malheurs que subissent mes personnages tellement ancrés dans la réalité, on a tendance à relativiser les petits soucis du quotidien.

Bon, la question obligatoire maintenant : Y aura-t-il un troisième tome ? Milo a encore bien des choses à vivre non ?

Peut-être bien que oui, peut-être bien que non… ;-)

A vrai dire, je n’en sais encore rien. Il y a bien sûr une belle possibilité d’en faire une trilogie, un troisième tome qui bouclerait la boucle. Mais je me laisse le temps… Mon prochain roman ne sera pas ce troisième tome, j’ai envie de changer de personnages.

Nous avons désormais l’occasion de vous voir à la télé sur Arte Belgique, pourriez-vous nous parler de cette expérience ?

« Cinquante degrés nord » est un magazine culturel de 45 minutes qui passe quotidiennement sur Arte Belgique, à 20h00 et est rediffusé en fin de soirée sur la Une (chaîne de la RTBF, télévision belge). C’est une émission que j’apprécie beaucoup, je le dis d’autant plus librement que c’était déjà le cas lorsque je n’y travaillais pas. L’aventure a débuté il y a quatre ans lorsque j’y suis passée en tant qu’invitée pour la promotion d’un de mes romans. A la suite de cela, le producteur, Patrick Paulo, m’a contactée pour que je rejoigne l’équipe des chroniqueurs. J’ai sauté sur l’occasion ! C’est une très belle aventure. Ca me permet de voir des pièces de théâtre, lire des livres, voir des expos, écouter des disques que je n’aurais peut-être jamais vu, lu, écouté. De plus, l’équipe est vraiment chouette, j’y ai fait de belles rencontres, développé de véritables amitiés.

Le livre du moment sur votre table de chevet ?

Difficile à dire, puisque je lis beaucoup pour « Cinquante degrés nord ». Ce ne sont donc pas des lectures choisies, ce qui me laisse peu de temps pour les livres « loisir ». Là, je suis en train de terminer « Une dernière chose avant de partir », de Jonathan Tropper. Et je vais donc attaquer « Haut les chœurs » de Gaëlle Perrin Guillet.

Pour vous, quel est le crime parfait ?

L’abstinence.

Que nous réservez-vous pour 2014 ?

Un nouveau roman, c’est certain… D’autres projets sont aussi en cours, mais dont il est encore trop tôt pour parler.

Un grand merci à vous Barbara

C’est moi qui vous remercie.

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sophie 07/12/2013 14:38

merci pour cette interview
et quelle bonne nouvelle: un nouveau roman en 2014 !