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Du bruit dans les oreilles, de la poussiere dans les yeux.overblog.com

Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

Interview de Bertrand B 01-2014

Publié le 3 Janvier 2014 par Dubruit Danslesoreilles in interviews

Interview de Bertrand B 01-2014
Je vous invite à en apprendre un peu plus sur le talentueux Bertrand B., auteur de La mesure du possible.
Cet homme est vraiment drôle et offre à DBDLO une de ses plus belles interviews !
Bonjour Bertand B.

 

Bonjour Gaylord, bonjour le Bruit, bonjour les Oreilles.

 
Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Comme mon nom l'indique, je m'appelle Bertrand. J'ai 35 ans et suis originaire du Pas-de-Calais. J'aime les chats, le thé, les mythologies et raconter des histoires. À mes heures, il m'arrive d'être graphiste, musicien et voyageur.

 

 

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Un peu par hasard. Je n'avais jamais envisagé écrire des nouvelles – encore moins un roman, publié de surcroît – jusqu'à ce qu'un vendredi, en rentrant du travail, une  histoire se forme d'une traite dans ma tête, sans me demander mon avis. Elle a lourdement insisté pour sortir et j'ai passé la soirée et la nuit à l'écrire. On s'habitue à tout, premier volet de l'histoire, était né. Le plaisir est devenu addictif et j'ai décidé d'ouvrir les cages de toutes ces petites histoires qui traînaient dans ma tête.

(court silence, Bertrand B., se penchant en avant, reprend en chuchotant, la mine grave :)

Je ne peux pas le dire trop fort, car elles pourraient m'entendre, mais ces idées ne me laissent pas le choix. Quand elles sont là, elles insistent pour sortir et tant qu'elles ne sont pas couchées sur le papier ou en images, elles me font tout un cinéma...

 

 

Avant d’être un recueil, ces sept nouvelles ont eu une vie en format numérique. Des changements ont été apportés pour le passage papier ?

En effet, elles ont été auto-publiées tel un feuilleton mensuel en format kindle entre juin et décembre 2012. Puis, Fleur Sauvage m'a proposé d'en faire un « vrai livre ».
Le passage au support physique ne leur a fait subir aucune modifications sur le fond ou le scénario. En revanche, quelques passages ont été réécrits, améliorés, raccourcis, certains détails cachés ou d'autres mieux mis en lumière, afin de rendre le jeu de piste plus confortable. Mais aucune histoire n'a été maltraitée durant cette transformation.

(Bertrand B. s'approche et chuchote à nouveau, l'air complice cette fois :)

C'est un secret, cette version intégrale en vrai papier de bois d'arbre offre quelques... « bonus ».

 

 

Pourriez-vous nous parler du thème central qui relie les nouvelles entre elles ?

 

Ce n'est pas facile de ne rien dévoiler des rebondissements et des intrigues.
Mais à mon sens cela peut tenir dans une question : Y a-t-il une troisième voie entre le Bien® et le Mal®  ?
Autrement dit, certains actes ou décisions ne sont-ils pas impossible à qualifier avec ces deux notions traditionnelles ? Certains ne seraient-ils ni l'un, ni l'autre ? Est-ce que des voies considérées comme justes ne deviennent pas néfastes si elles sont poussées à l'extrême ?  À l'opposé, est-ce qu'un événement considéré comme malfaisant ne pourrait-il, finalement, s'avérer très positif ?

Au travers de cela, je m'intéresse aux trajectoires croisées ou conjointes de mes personnages, souvent assez empiriques, voir volontairement caricaturaux.

Le tout nappé de ce doute sur la réalité de ce que l'on voit et croit.

 

 

Le format nouvelle n’est pas vraiment plébiscité en France, qu’est-ce qui vous a poussé à écrire des textes courts plutôt qu’un roman ?

Ça ressemble à un recueil de nouvelles, ça en a l'aspect et le goût, mais il s'agit bien d'un roman. C'est un « roman de nouvelles », en quelque sorte.
Le format « nouvelle » comme chapitres ou étapes d'un roman a quelques avantages : tout d'abord il permet de traiter la narration de chaque pan de l'histoire différemment, en l'adaptant au propos. On peut s'autoriser des techniques narratives qui seraient trop lourdes sur 250 pages : On s'habitue à tout est racontée par un enfant de 9 ans, à la première personne, Huile sur Bois fonctionne plus comme un polar, Marque Déposée comme une fable moderne dont le texte subit lui-même les évolutions de l'histoire, Fêtes de fins damnées est racontée au présent puisque hors du temps, Gustave subit une chronologie chamboulée...
Ensuite, cela permet de rythmer la lecture avec des débuts et des chutes, et de surprendre le lecteur par les interactions entre les événements présentés sous des points de vue très différents.
On peut également lire une courte histoire par jour, par exemple. Ce qui est agréable pour ceux qui n'aiment pas particulièrement lire.
Finalement, ce livre se comporte un peu comme un disque. Un opéra-rock, en 7 pistes, et plus si affinités.

 

Un mois après la sortie du livre comment vous sentez vous ?

(Bertrand B. se met en position du lotus et s'élève a quelques centimètres du sol, affublé d'un sourire béat)

Plutôt pas mal. Cet étrange bouquin à l'air plutôt bien accueilli et maintenant qu'il vit sa vie, cela offre le loisir de s'attaquer à un nouveau projet, un autre roman. Comme je suis totalement novice, je me sens un peu comme un môme dans un parc d'attraction et tout me plaît.

 

 

S’il devait y avoir une bande-son pour La mesure du possible quelle serait-elle ?... Ah ben non, celle-là pas besoin de vous la poser, vous y répondez dans le livre ! La musique est très présente dans l’ouvrage, c’est une source d’inspiration ?

 

Oui, énormément, étant musicien amateur et mélomane junky (je peux devenir très dangereux sans ma dose de son). Raconter une histoire peut prendre de nombreuses formes et beaucoup de musiques le font à leur façon. Elles génèrent des images mentales, des ambiances, des scènes ou des lieux, qu'il est plaisant de compléter, d'imaginer, de raconter avec des mots.

 

 

Quelles sont vos influences majeures dans le domaine de l’écriture ?

 

Neil Gaiman, Mike Carey et James Morrow, pour leur réinterprétation des mythologies, de la mystique, des symboles. Svetislav Basara ou Lucien Suel pour les structures narratives un peu folles et Desproges pour la plume. Il y a aussi Amos Witeman, pour ses réflexions sur ce qui fait une histoire.

 

 

Votre dernier coup de cœur littéraire ?

 

C'est loin d'être un livre récent, mais j'ai découvert il y a peu Days, de James Lovegrove. J'aime ce type d'écriture fantastique très structurée autour du réél et qui ne s'en éloigne que par sa démesure et sa caricature, avec ce petit côté intemporel. Une fable contemporaine, pleine de symbolisme.

Je me suis bien amusé également à la lecture de Baroque'n'Roll, d'Anthelme Hauchecorne, un recueil de nouvelles fantastiques pas piqués des vers, dans lequel il se régalent pourtant de chair humaine.

 

 

Bertrand, vous êtes également graphiste, on vous doit les très belles couvertures des éditions Fleur Sauvage. Racontez-nous de cette aventure.

 

Merci du compliment. Au quotidien, mon vrai métier m'a éloigné de la création graphique « print » et de l'illustration, que j'avais envie, à l'occasion, de retrouver. J'ai rencontré David Lecomte il y a quelques années et il m'a parlé de ses projets. Je lui ai alors offert de créer la couverture de L’œuvre de Sang. De fil en aiguille, me voilà à réaliser les couvertures de Fleur Sauvage et j'adore ça. C'est passionnant de mettre en image et en typographie un roman, surtout quand ce n'est pas le sien.

 

 

Pourriez-vous nous parler de vos projets à venir ?

 

La mesure du possible est en train de se muer en ondes sonores, produit pour - et par - Book D'Oreille, portail de livre audio. C'est un format auquel je crois beaucoup, à la fois pour son retour à la forme première de la narration – l'oral – et pour permettre à ceux dont la vue est faible d'accéder à la lecture.

Côté écriture, un nouveau roman est en préparation, un sorte de thriller écolo/fantastique sur une ile déserte au milieu du Pacifique, sur fond de surf rock. Dans les tiroirs, j'ai en outre quelques histoires dont la longueur définitive m'est impossible à estimer et qui doivent terminer leur gestation.

Faut que je refasse ma salle de bain, aussi.

 

 

Au fait, pourquoi Bertrand B. et pas Bertrand Binois qui est votre véritable nom ? (Eh oui, vous êtes démasqué !)

 

Damned, je suis découvert !

(Bertrand B. arrache son masque tel un vilain de Scooby-doo)

Il est important de bien ranger sa schizophrénie dans des compartiments ordonnés. Et d'y mettre une étiquette pour s'y retrouver. « Bertrand Binois » est l'homme de tous les jours et le graphiste. « Bertrand B. », le conteur, « Bâtard », le mec qui n'a pas de clopes pour le badaud alcoolisé et d'autres avatars font de la musique ou d'autres choses bien peu recommandables.

 

 

Le mot de la fin…

 

C'est remarquable que vous laissiez la fin s'exprimer. C'est très rare. En général, dès son arrivée, on passe à autre chose et elle ne peut jamais dire un petit mot. Pourtant, elle doit en avoir des choses à raconter, la fin, depuis le temps...

 
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Dubruit Danslesoreilles 05/01/2014 19:14

héhé j'espère bien!

Gwen Coelho 05/01/2014 17:33

Voilà j'en étais sûre ! je sens que Mr B va rejoindre ma liste d'auteurs !