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Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

Interview de Jess Kaan

Publié le 16 Janvier 2014 par Dubruit Danslesoreilles in interviews

Interview de Jess Kaan

Jess Kaan, l'auteur du récent Le Label N, nous raconte son parcours et comment il en est arrivé à écrire un tome de l'embaumeur!

Bonjour Jess Kaan.

Salut !

 

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis Jess Kaan, auteur nordiste et éclectique par volonté. Mes écrits vont du fantastique mon genre de prédilection, en passant par la fantasy humoristique, l’horreur, la littérature dite de jeunesse et dernièrement le policier. Accessoirement la semaine en journée, j’enlève la cape de « Auteurman » pour me transformer en citoyen ordinaire avec un job, une famille.

 

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

Car le besoin de coucher sur le papier toutes ces idées qui sommeillaient en moi s’est fait ressentir. J’ai ce que l’on appelle un imaginaire assez riche. Ensuite est-ce un bien ? Un mal ? J’ai toujours eu besoin et envie de me raconter des histoires. Et à un moment, ce besoin a passé un stade supérieur, l’envie de partager.

 

Vous venez de la littérature fantastique, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous frotter au polar ?

Le pur hasard. L’un des auteurs de la collection m’a dit : « Y a un pote qui monte une série avec un héros récurrent et il cherche des auteurs. Ca te dirait ? ». Je lui ai répondu « Le policier, je ne me sens pas trop à l’aise, je te rappelle que j’en ai un sur le feu et que ça stagne… » Le lendemain la bible de la série arrivait dans ma boite aux lettres. En la lisant, je me suis rendu compte que c’était exigeant comme concept, mais en même temps, cela représentait un défi. Donc je me suis lancé…

 

Pouvez-vous nous présenter Luc Mandoline, le héros de la série L’embaumeur ?

Luc Mandoline c’est un esprit fort et rebelle. Engagé dans la légion, il la quitte sans trop savoir quoi faire. Mais l’un de ses potes devient thanatopracteur et Mandoline qui est attiré par ce job s’y met à son tour. Sauf que n’étant pas du genre à s’installer, ni en amour, ni en professionnel, il décide d’assurer des remplacements de thanato. Evidemment, lors de ses remplacements en France et à l’étranger, il lui arrive toutes sortes d’aventures… Comme il n’est pas flic, il s’assied parfois sur la légalité. Bref c’est un mec avec des principes, des codes qui se mouille lorsqu’il le faut, le pote sur qui l’on peut compter. Un baroudeur du funéraire, du médicolégal, que chaque auteur s'accapare pendant le temps d'une aventure, un"Poulpe" croque-mort !

 

N’est-il pas difficile de proposer un texte sur un personnage déjà existant ? Avez-vous lu les volumes précédents ?

J’ai lu les volumes précédents, cela me paraissait indispensable. Quand on bosse sur une série, si on veut être « pro », on la respecte. Et comme c’est une très bonne série qui mériterait qu’un producteur l’adapte, ce n’était pas une corvée loin de là ! Maintenant pour mon intrigue, je savais de quoi je voulais parler, rester à respecter certaines contraintes. De page en page, Le Label N a pris forme et les contraintes n’en sont pas restées, loin de là.  

 

Pourquoi avoir choisi Auchel comme lieu de l’action ?

Parce que l’on parle bien des choses que l’on connaît. C’est pour quelques temps encore mon lieu de résidence. En plaçant Mandoline à Auchel, je m’épargnais quelques recherches aussi. Je suis nordiste / Pas de calaisiste ce qui m’a permis de voir que ce n’est pas une région monolithique au niveau des mentalités et je voulais retranscrire l’ambiance de cette partie du 6/2 dans ce roman.

 

Manipulation de l’esprit, S.M. et folie sont quelques-uns des ingrédients de ce très sombre tome. Qu’est-ce qui vous attire tant dans le noir ?

Il est toujours intéressant d’explorer les parts d’ombre de l’homme, de les mettre en exergue pour essayer de comprendre comment l’on peut basculer dans le cauchemar. Dans le Label N, je voulais offrir une opposition entre Mandoline respectueux des morts, avec ses principes d’ex- soldat, son envie de rédemption et de l’autre son adversaire, imbu de lui-même, désireux de dominer et d’aller toujours plus loin dans l’avilissement. Il n’y a pas de maître sans esprits faibles et je présente le terreau fertile, j’ai aussi placé Mandoline sur le fil du rasoir, un mec qui n’a qu’une envie vivre peinard, mais qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment. Cependant, il y a un fossé entre montrer sans ambages et se laisser tenter… J

 

Deux mois après la sortie du livre, quel regard portez-vous sur Le label N ?

Deux dédicaces déjà, du mal à en parler sans déflorer l’intrigue, mais la fierté d’avoir été l’un des Embaumeurs, d’avoir pu mener à bien ce policier. C’est un livre dont je suis fier, parce qu’il y a l’aventure, mais aussi quelques petits coups de griffe par ci par là. Ok c’est du noir, mais c’est du noir justifié et il y a plus que quelques scènes de sexe et de violence. Bref à mon sens, c’est un challenge réussi. Là je ne me sens pas du tout modeste… Bon accessoirement, j’ai envie de dire que je remettrais bien le couvert parce que même si Mandoline n’est pas « mon » personnage, je lui ai donné âme et corps et que j’ai eu du mal à le quitter…. Et ça, ça veut tout dire.

 

Quelles sont vos influences majeures dans le domaine de l’écriture ?

Je suis respectueux des grands anciens type Lovecraft, King, Poe, Masterton, Koontz, Maupassant, Balzac pour son envie de saisir une époque. Mais je pioche à droite, à gauche pour découvrir de nouvelles voix de plume comme Marie Alix Thomelin, Michel Rozenberg, des auteurs contemporains dont on n’entend pas assez parler mais qui ont un vrai talent et qui ne se prennent pas la tête. Je me suis remis à lire Thilliez avec un vrai plaisir, Chattam sait m’emballer sur certains bouquins excepté celui qui se déroule au Mont Saint Michel. J’ai adoré ce qu’Anthelme Hauchecorne a fait avec son « âmes de verre », de la fantasy urbaine très riche, qui gagnera en puissance et surpassera le Neverwhere de Gaiman.

 

Votre dernier coup de cœur littéraire ?

Dome, je sais ce n’est pas récent, mais je l’ai dévoré. Rien à voir avec la série mollassonne qui en a été adaptée… Il y a un instantané de l’époque qui fonctionne à plein.

 

Pourriez-vous nous parler de vos projets à venir ?

Alors vaste sujet… Et malheureusement c’est vague. Disons qu’un techno-thriller pour young adult attend une réponse…  Je bosse à un roman de littérature générale qui avance bien, j’ai envie d’attaquer deux genres auxquels je ne me suis pas confronté pour l’heure (non pas de la sf) et à ces fins, j’ai commencé à tanner un autre auteur pour que ce soit de la coécriture. Il y a un recueil de nouvelles qui devrait se faire, même si ce n’est pas encore signé. J’envisage très sérieusement de faire une suite à Créature du Miroir, mon roman jeunesse. Mais cette fois, ce sera une suite et fin. Beaucoup de choses que j’insère tant bien que mal dans un emploi du temps de dingue.

 

Le mot de la fin…

Un mot ??? MERCI POUR CETTE INTERVIEW. Si les lecteurs du blog sont intéressés, ils peuvent aller se promener sur mon site www.petite-horreur.com Je fais des dédicaces aussi, parce que j’estime qu’un petit auteur doit aller au contact du public.

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