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Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

Chronique de La nuit a dévoré le monde de de Pit Agarmen (Martin Page)

Publié le 22 Août 2014 par Dubruit Danslesoreilles in Chroniques

Chronique de La nuit a dévoré le monde de de Pit Agarmen (Martin Page)

Le roman de zombies est devenu un genre à part entière. Les étagères de nos libraires en regorgent, particulièrement au rayon « jeune adulte ».

Texte opportuniste ou livre de qualité ?

 

Le hic, c’est que le filon risque de s’épuiser et que l’effet de mode va certainement s’estomper. Alors, nous constaterons que seuls quelques titres étaient d’un niveau acceptable. Qu’en est-il de La nuit a dévoré le monde ? Texte opportuniste ou livre de qualité ? La réponse de suite !

 

Pit Agarmen est le pseudo “ouvert” (cela veut dire que l’auteur écrit sous un autre nom, mais fait savoir que c’est lui quand même un peu à la Stephen king/ Richard Bachman) de Martin Page qui a une dizaine de livres à son actif dont le dernier : Manuel d’écriture et de survie, paru chez Le Seuil en mai 2014. Cette singularité est intéressante, une plume issue de la littérature générale qui s’attaque à celle de genre, cela peut donner un regard nouveau et décalé.

 

Les états d’âmes du héros avant tout.

 

Antoine est un écrivain sans grandes ambitions. Il réalise des romans à l’eau de rose pour “payer ses factures”. Pas très à l’aise avec la société, il préfère s’isoler dans une pièce lors d’une réception bobo organisée par une de ses amies dans le quartier de Pigalle. Après avoir bu plus que de raison, il s’écroule pour se réveiller le lendemain matin. Plus rien ne sera alors comme avant puisque pendant son sommeil, le reste de l’humanité s’est changé en zombies.

J’ai tout de suite pensé au film 28 jours plus tard dans les premières lignes. Puis, au fil des pages, c’est Je suis une légende, le livre cette fois, qui m’est venu à l’esprit. En effet, le traitement de l’intrigue s’attarde sur les états d’âme du personnage principal. Il n’y a pas de batailles sanglantes avec ces monstres affamés de chair fraîche. Antoine se questionne sur sa position de rescapé et se rend compte que sa nouvelle condition lui convient mieux que celle qu’il avait dans une société de consommation où les apparences ont pris trop de place.

S’il est encore un être humain, c’est parce qu’il n’avait personne pour qui risquer sa vie. Lui qui n’attendait plus rien de son existence se révèle être un redoutable survivant.

“Ils sont morts comme tout le monde. Aussi fou que ça puisse paraître : c’est normal. C’est moi qui suis anormal. J’aurais voulu mourir avec eux. J’aurais voulu être emporté et marcher à leurs côtés.” 

Parias un jour, parias toujours. Notre héros se rendra compte que le regard des autres est important, car c’est à travers lui que l’on se sent en vie.

La nuit a dévoré le monde est donc un très bon livre de genre, bien au-delà des standards actuels il est à ranger à côté du chef d’œuvre de Richard Matheson  auquel il rend un bel hommage.

 

4ème de Couverture :

Quand les hommes se transforment en zombies, et qu'un jeune écrivain se trouve seul confronté à cette violente apocalypse, il n'est finalement pas si surpris. Depuis longtemps l'homme a fait preuve de sa décadence et de sa cruauté. Aujourd'hui, un pas de plus dans l'abomination a été franchi : il est devenu un monstre anthropophage. Face à cette nuit de cauchemar, tel Robinson sur son île, le jeune survivant s'organise. Il vit reclus dans un appartement et se croit un temps à l'abri, en dépit des attaques répétées des morts-vivants. Mais la folie de ce nouveau monde fait vaciller sa propre raison. Pour échapper au désespoir, il réapprend à vivre et à lutter, Armé d'un fusil, il découvre avec surprise qu'il peut tuer et qu'il a même un certain talent pour ça. En réinterrogant son passé, il se livre aussi à une introspection sensible sur sa propre condition et les raisons de ses échecs passés. C'est son inadaptation à la société des hommes qui explique peut-être sa survie à cette fin du monde. Un roman d'action, littéraire et psychologique, qui reprend les codes du genre pour mieux les subvertir.

 

Editions Robert Laffont / J’ai lu

Aout 2014

190 pages

6.5€

Commenter cet article

en savoir plus 25/08/2014 05:43

Je vous applaudis pour votre critique. c'est un vrai œuvre d'écriture. Continuez

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Dubruit Danslesoreilles 24/08/2014 20:09

Le livre de Matheson m'a hanté un long moment. J'adore ses nouvelles également. Encore bravo pour ce livre Martin. Je pense bientôt me pencher sur vos autres écrits.

Martin 24/08/2014 15:41

Merci :-)
Et oui pour Je suis une légende. Toute l’œuvre de Matheson en fait. Écrivain très important pour moi.
Mais aussi Robinson Crusoé et le Désert des Tartares.

Laetitia 22/08/2014 10:57

Je l'ai lu à sa sortie en 2012, avant que la mode "zombie" envahisse les petits et grands écrans.
C'était ma première expérience "zombie" et j'ai adoré ce bouquin !
Ne surtout pas s'arrêter aux clichés, ce livre va plus loin, il creuse.
http://aupouvoirdesmots.canalblog.com/archives/2012/12/16/25932699.html