Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Du bruit dans les oreilles, de la poussiere dans les yeux.overblog.com

Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

Les lois de la gravité de Jean Teulé (chronique)

Publié le 13 Février 2015 par DBDLO in coups de coeur

Les lois de la gravité de Jean Teulé (chronique)

Je continue mon incursion dans le monde furieusement décalé de Jean Teulé et, comme d'habitude, je ne suis pas déçu du voyage!

 

"Crime avoué..."

Imaginez la surprise du lieutenant Pontoise, un fonctionnaire de police pas vraiment passionné par son travail, quand, dans la soirée, une femme (dont on ne connaitra jamais le nom) lui annonce qu’elle vient se dénoncer pour le meurtre de son mari.

Là où cela devient piquant, c’est que ce crime est vieux de près de 10 ans et tombera en prescription à minuit.

Cela fait donc près d’une décade que « La femme »vie avec la culpabilité d’avoir poussé son homme par-dessus le balcon de leur appartement situé au 11ème étage. Il faut dire que le bougre l’avait mérité, en effet, il était violent et a fait de la vie de son épouse un vrai calvaire.

"...A moitié pardonné"

Pourtant, accablé de remords elle souhaite se faire arrêter. C’est sa manière à elle de faire pénitence et de payer.

Émue par le récit de la meurtrière, Pontoise décide de la dissuader. Le compte à rebours est enclenché.

"C'est grave mais drôle, un Teulé en somme"

Le poids de la gravité (notez au passage le sublime double sens du titre) est une fable absurde où les rôles s’inversent.  Teulé se frotte au huit clos. Une unité de lieu : le commissariat, une unité de temps : une nuit. Nous assistons à une joute verbale. Tour à tour, les protagonistes vont se livrer sans fard l’un à l’autre.

Teulé n’a pas son pareil pour mettre à nu le commun des mortels. Je me suis une fois encore régalé avec ce court texte.

 

4ème DE COUVERTURE :

ans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat. Il sera alors libre d’oublier pendant deux jours les turpitudes et les angoisses qu’inflige à ceux qui l’exercent le dur métier de policier. À cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande à être arrêtée pour avoir assassiné son mari. « Comment ? » En le poussant pas la fenêtre de leur appartement du 11e étage. « Quand ? » Il y a dix ans. « Pourquoi ? » Parce qu’il était sadique, irresponsable et qu’il la battait, elle et ses enfants. « Comment se fait-il qu’elle n’a jamais été inquiétée ? » Parce qu’elle a dit qu’il s’agissait d’un suicide et comme son mari sortait d’un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l’a crue. « Pourquoi se dénoncer si longtemps après ? » Parce qu’elle a des remords. « Et pourquoi justement ce soir ? » Parce que c’est, jour pour jour, le dixième anniversaire du décès et que demain le crime sera prescrit…
Le lieutenant n’en croit pas ses oreilles. Il refuse d’entendre de telles âneries. Voilà une femme qui, en tuant un franc salaud, a protégé l’avenir de ses enfants, que personne ne soupçonne et qui veut aller en prison pendant des années alors qu’elle a commis le crime parfait. Jamais il ne l’arrêtera. Qu’elle s’en aille cuver ses remords chez elle. Pendant quelques heures, la meurtrière et le policier vont s’affronter avec une violence rare. Elle veut qu’on l’arrête. Il s’y refuse absolument.

 

Editions Pocket

Octobre 2010

140 pages

5.80€

Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 15/02/2015 17:45

Apparement, il n'est pas question de cannibalisme dans ce roman-çi. Ca change.

le livre-vie 13/02/2015 08:11

Que vois-je? Un J. Teulé que je n'ai pas lu!! Je suis une grande fan de sa plume...