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Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

Chronique d' Ad Unum de Didier Fossey

Publié le 9 Septembre 2013 par Dubruit Danslesoreilles

Chronique d' Ad Unum de Didier Fossey
On commence le triptyque d'articles consacrés à Didier Fossey avec le premier ouvrage que j'ai lu de lui : Ad Unum.

Ad Unum est le second roman de Didier Fossey et, pour la seconde fois, il met en scène le Commandant Boris Le Guenn et ses collègues du 36 Quai des Orfèvres.

Paris, hiver 2011, plusieurs hommes sont retrouvés mort, pendus les mains liées dans le dos, avec gravé sur le front ces mots : Ad Unum, ce qui veut dire « jusqu’au dernier ». Ce tueur en série sera surnommé le Latiniste par l’équipe de Le Guenn qui enquête sur ces crimes.

Les victimes sont toutes des repris de justice qui ont étaient relaxés lors de leur dernier procès. L'assassin semble vouloir rendre sa propre justice d’une manière pour le moins expéditive.

Nous sommes en présence d’un vrai polar : une équipe de flics mène des investigations sur un serial killer. Pas de consultant saugrenu ni de destinations fantaisistes, on est dans le concret, le réel, le quotidien je dirais même (enfin j’imagine qu’un assassin comme le notre ne doit tout de même pas être monnaie courante). La grande force de cette histoire vient tout simplement de la condition de l’auteur qui travaille dans la police depuis 1984.

Un flic qui fait un polar cela peut-être à double tranchant. Parfois, la maîtrise des procédures et la connaissance des diverses unités de police peuvent conduire l’écrivain à être trop technique et, de ce fait, perd le lecteur. Ici, ce n’est pas le cas. Didier Fossey rend tout cela à la portée de ses lecteurs. Il nous brosse le tableau d’une équipe unie, Boris n’est pas un super flic, mais un policier humain qui travaille pour la cohésion de son groupe. Il n’est donc pas rare que les scènes narrent des repas entre collègues ou des discussions autour de croissants et de café. J’ai rarement senti autant d’authenticité dans un livre où les protagonistes évoluent dans ce milieu.

Mais ce n’est pas tout ! Le récit commence sur une séquence coup de poing. On est saisi dès les premières pages.

Le personnage du Latiniste est très bien construit. Souffrant d’un complexe de supériorité vis-à-vis de ses semblables, il est intelligent et inquiétant.

« Il portait un regard de mépris sur ses contemporains. Il n’aimait pas les gens, les considérait comme des sous-êtres par rapport à lui. Il n’aimait pas leur discours, leurs rires, leurs odeurs, trouvant que la foule puait. »

L’auteur utilise le procédé des flash-back afin de nous raconter l’enfance de l’assassin et, de ce fait, lui donner du corps et de l’épaisseur. Une belle réussite qui m’a parfois fait penser au tueur du Civic Instinct de Jean-Baptiste Seigneuric.

Voilà donc un polar criant de vérité. Après le Président normal, voici Le Guenn, le commandant normal. J’espère que nous aurons l’occasion de le suivre dans bien d’autres enquêtes !

Editions les 2 encres

Octobre 2011

290 pages

21 €

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Alex-Mot-à-Mots 10/09/2013 10:46

Deux bons avis : le tien et celui de Sébastien Lepetit. Allez hop, noté !

Sébastien Teissier 10/09/2013 06:23

J'ai aussi beaucoup aimé Ad Unum, le latiniste est effectivement très réussi. J'ai particulièrement aimé le fait que, bien que toute la police soit sur ses trousses, il reste un prédateur et surtout une grande menace, même pour les policiers. La froideur avec laquelle il fait ce qu'il a à faire est effrayante. L'auteur a bien compris une chose: un assassin est bien plus effrayant lorsqu'il sourit et qu'il vous rassure que lorsqu'il semble hystérique.

Sébastien Lepetit 09/09/2013 21:20

Excellent polar, prenant, bien écrit et bien construit. Je n'ai pas réussi à le lâcher.