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Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

chronique de Djebel de Gilles Vincent

Publié le 27 Juin 2013 par Dubruit Danslesoreilles

chronique de Djebel de Gilles Vincent

Le succès rencontré par la sortie de Beso de la Muerte, le dernier polar en date de Gilles Vincent, a sans doute joué un rôle dans la décision des éditions JIGAL de publier en poche Djebel, le second roman de l’auteur. C’est aussi l’occasion pour votre serviteur de découvrir le travail celui-ci.

On commence par une scène d’introduction qui nous envoie directement en Kabylie en 1960. Antoine Berthier va bientôt quitter le front et retrouver sa jumelle, Viviane, en France, plus que trois jours ! Pourtant cette nuit-là le sang coulera et poussera le jeune appelé à mettre fin à ses jours quelque temps plus tard sur le bateau qui devait le ramener dans son pays natal.

40 ans après, la sœur d’Antoine prend contact avec Sébastien Touraine, détective privé et ex-flic. Les horreurs de jadis remontent à la surface et elle veut des réponses sur les raisons du suicide de son frère. Curieusement, les anciens compagnons d’armes du défunt soldat meurent les uns après les autres.

Le privé mènera l’enquête en parallèle de celle du commissaire Aïcha Sadia, jeune femme d’origine kabyle au fort tempérament.

Voilà un livre très puissant. Autant dans son thème que par ses personnages. Le passé est un poids bien lourd à porter pour les protagonistes de cette histoire. Le message est clair : il n’y a pas de prescription pour la barbarie. Même après 40 ans il faudra répondre de ses actes. Le temps n’effacera jamais les souffrances et la folie de la guerre.

Sébastien Touraine et Aïcha Sadia sont des personnages hauts en couleur. À ce titre, leur première rencontre est épique. L’auteur nous gratifie d’une passe d’armes rhétorique de toute beauté. Car oui Gilles Vincent est un écrivain incroyable. Sa plume est très agréable et parfois même sublime. Petit extrait pour illustrer mon propos :

« … Le plaisir s’ajoutait à la vie, mais je crois bien que la jouissance l’arrachait à la mort. »

Je vous le dis, ce livre est indispensable ! On se rapproche des premiers Tonino Benacquista ou de Jean Claude Izzo.

Sachant qu’Aïcha Sadia est le personnage récurrent des écrits de Gilles Vincent, je vais patienter avant de lire Beso de la Muerte, en espérant que les rééditions des œuvres précédentes de l’auteur sortent rapidement.

« Et brusquement, comme seul l’orage inattendu éclate et fait se froisser les paysages, tout son visage sembla se plisser, se livrer enfin aux larmes. »

Editions JIGAL

Mai 2013

254 pages

8.8 €

Commenter cet article

Vincent Gilles 28/06/2013 13:44

Merci. Mille fois merci pour votre regard sur mon roman. Cela me touche, bien plus que vous pouvez l'imaginer...

Dubruit Danslesoreilles 28/06/2013 22:36

C'est amplement mérité Gilles! Beso de la Muerte me fait désormais de l'oeil!

Alex-Mot-à-Mots 28/06/2013 12:39

Quelles comparaisons ! Qui donnent envie, bien sûr.

Dubruit Danslesoreilles 27/06/2013 21:38

C'est un peu grâce à toi Carine ;)

Carine 27/06/2013 20:56

Je suis ravie que tu aies eu le même sentiment que le mien à la lecture de ce roman ! Une sublime découverte ...