La sortie d’un Franck Thilliez est toujours un événement. La notoriété de l’auteur est actuellement à son zénith comme l’atteste la vente des droits de ses livres au profit du cinéma US. Aujourd’hui, pas de Lucie Henebelle ou de Frank Sharko, personnages récurrents de l’écrivain, nous sommes en présence d'un « one shot », tout comme l’était le récent Vertige.
MON RÉSUMÉ :
Huit cadavres de randonneurs sont trouvés dans un refuge de haute montagne. Il semblerait qu’ils participaient à une chasse au trésor d’un genre particulier…
Ilan, lui, est un ancien adepte de jeux de rôle grandeur nature. Il a énormément pratiqué avec son ex-petite amie, à un point où cela était même devenu une véritable addiction. Désormais, il a une vie rangée. Pompiste dans une station-service, il habite dans la maison de ses parents disparus il y a deux ans. Quand Chloé refait surface et lui dit qu’elle a trouvé comment intégrer le jeu Paranoïa, une chimère dans le monde de la chasse au trésor avec 300 000 € à la clef, il ne peut résister et se retrouve embarqué dans une quête qui l’emmènera, avec sept autres participants, dans un asile psychiatrique laissé à l’abandon depuis de nombreuses années.
MON AVIS :
Voilà un roman un peu différent de ce à quoi Franck Thilliez nous a habitués. Bien sûr, sa patte est reconnaissable. C’est plutôt dans le thème abordé que se situe la nouveauté.
Nous sommes en plein thriller paranoïaque où il est bien difficile de faire la part entre le réel et ce qui se révèle être du domaine du fantasme.
Une majeure partie de l’intrigue se joue dans un complexe psychiatrique laissé à l’abandon, perdu en haute montagne. Il en résulte un sentiment d’isolement assez oppressant.
À la lecture de ce Puzzle, j’ai beaucoup pensé à certaines références cinématographiques. Il y a Shining pour le coté claustro, Silent Hill pour le lieu inquiétant, La maison de l’horreur pour l’idée du jeu où les personnages vont risquer leur vie par appât du gain, Saw pour l’ambiance générale et surtout Existenz de Cronenberg pour le traitement du réel et de l’irréel. Je prends les paris : Franck Thilliez est un fan du 7ème art.
« C’est la réalité, mais ce n’est pas le réel »
Comme toujours avec Mr Thilliez c’est diablement efficace. Le petit hic, c’est que cette fois au bout de 160 pages j’avais déjà imaginé une grande partie du dénouement de l’intrigue. La faute à une précédente lecture qui utilisait un ressort similaire (j’en tairais le nom afin de préserver le suspens).
Il faut, selon moi, aborder cette lecture comme un hommage aux films de genre. J’ai pris plaisir à assembler ces pièces du puzzle (et attention il y en a au moins un 5000).
Mention spéciale pour la couverture qui est sublime.
Editions Fleuve Noir
Octobre 2013
430 Pages