Le sticker collé sur la couverture de NeoNomicon est riche en promesses : Alan Moore revisite H.P. Lovecraft – Public averti.
Moore est un des grands du monde du comics. Il excelle dans l’art de la relecture comme peut l’attester la réussite de From Hell (le mythe de Jack l’Éventreur), alors si quelqu’un peut se frotter au monument Lovecraft, c’est bien lui. Il sera accompagné dans cette tâche par Jacen Burrows qui a travaillé avec Warren Ellis sur la série Transmopolitain.
Des agents du FBI visitent l’un de leur ancien collègue interné dans un asile psychiatrique. Deux crimes lui ont été imputés. Depuis, ce dernier, Sax, ne parle plus, mais cela n’empeche pas Lamper et Brears d’enquêter sur cette sombre histoire. De l’univers des dealers de leur ville, aux cercles fermés d’initiés à des rituels sexuels pour le moins étranges, les deux agents sont bien loin d’imaginer ce qui s’est réellement passé…
Le prologue nous explique comment Aldo Sax, agent du FBI, a sombré dans la folie lors d’une enquête sur une série de meurtres très violents.
Les agents Lampers et Brears vont alors reprendre les investigations. La piste les mène rapidement sur les traces d’adorateurs de Lovecraft…
Les références au maître de la terreur sont pléthores, jusque dans les moindres détails. La mise en abîme est d’une grande efficacité et l’atmosphère générale est glauque à souhait.
La mention « Pour public averti » n’est pas galvaudée ici ! Déjà, Bears souffre de nymphomanie et les rencontres que feront les deux agents du FBI amèneront leur lot de déviances (drogues, sexe, meurtres).
Je ne suis pas forcément fan du pinceau de Jacen Burrows mais là, certaines scènes sont très réussies.
NeoNomicon est violent et cru. C’est aussi une des plus belles œuvres inspirées du travail de Lovecraft. Alan Moore va plus loin que le simple hommage, il modernise le mythe et ouvre d’autres voies. Voici donc un très bon Graphic Novel réservé à un public adulte.
Urban Comics
176 pages
Octobre 2013
17,50€