René Manzor est principalement connu en tant que réalisateur. Il a d’ailleurs à son actif de belles réussites comme 3615 code père Noël (1990) et Dédales (2003), un thriller très sombre avec Lamber Wilson, Frédéric Diefenthal et Sylvie Testud que je vous recommande chaudement.
Mais l’homme a plus d’une corde à son arc et a fait ses premiers pas dans l’écriture avec Les Âmes rivales en 2012. Il revient aujourd’hui avec un livre au titre énigmatique : Celui dont le nom n’est plus.
Londres, au petit matin. Sur une table de cuisine, gît un homme vidé de ses organes. L’assassin est une vieille dame à la vie exemplaire. Pourquoi cette femme a-t-elle sacrifié l’homme qu’elle a élevé comme un fils ? Elle est incarcérée. Pourtant, le lendemain, un autre homme est tué de façon similaire. Par la personne qui l’aimait le plus au monde. À chaque fois, les tueurs, qui ne se connaissent pas, laissent derrière eux la même épitaphe écrite dans le sang de leur victime : Puissent ces sacrifices apaiser l’âme de Celui dont le Nom n’est plus... Trois destins vont se lier autour de ces meurtres incompréhensibles : ceux de McKenna, vétéran de Scotland Yard, de Dahlia Rhymes, criminologue américaine et de Nils Blake, l’avocat de ces coupables qui ressemblent tant à des victimes. Trois destins, et trois vies détournées à jamais de leur cours.
Celui dont le nom n’est plus rassemble tous les codes du thriller. Un flic bourru de Scotland Yard va faire équipe malgré lui avec une profileuse américaine. Jusque-là, rien de neuf sous le soleil sauf que les personnages sont très intéressants et tout à fait crédibles.
L’intrigue fait bien plus que tenir la route, elle est palpitante et offre de nombreux rebondissements. L’auteur donne un caractère ésotérique aux meurtres et pose la question des limites de l’hypnose.
On se croirait dans une série TV, mais attention, pas américaine. Plutôt une produite par la BBC, comme The Fall par exemple. Il est d’ailleurs intéressant de constater certaines similitudes entre Dahlia Rhymes et Stella Gibson, le personnage interprété par Gillian Anderson (à ce titre, un protagoniste compare l’héroïne de Manzor à l’agent Scully).
La dernière partie du livre est haletante comme nous sommes en droit de l’attendre d’un thriller de ce style.
Je vous invite très fortement à découvrir ce roman bien ficelé d’un homme qui a réussi le pari de ne pas se cantonner à sa disciple de prédilection. Bravo René Manzor, désormais, que ce soit au cinéma ou sur papier, je suivrais vos œuvres avec grand intérêt !
Editions Kero
Mai 2014
390 pages
20 €