Tout dans La main du Diable et Autres contes macabres évoque en moi la nostalgie. Celle de l’âge d’or de l’horreur, à mille lieues des vampires aux torses imberbes qu’on nous sert sous toutes les formes aujourd’hui (livres, films, séries TV, tasses à café et string pour ado prépubère).
Je vous parle d’un temps où je regardais les Contes de la crypte sur M6, où je me délectais des couvertures « pulp » de la série Gore de Fleuve Noir et des incroyables nouvelles de Clive Barker dans ses Livres de sang. Le cinéma n’était pas encore atteint par la folie 3D (un fléau selon moi) et les effets spéciaux étaient à base de sang de cochon et non de synthèse aseptisé.
J’ai lu le recueil de Gaëlle Dupille avec l’état d’esprit que j’avais à l’époque. Celui d’un gamin plein d’imagination qui se régale de toutes ces histoires horrifiques. Et vous savez quoi ? Ça fait vraiment du bien !
La main du Diable et autres contes macabres est, je le pense, un hommage à cette période précitée. Il y a énormément de références et les situations rappellent souvent tel ou tel film de genre.
La première des trois nouvelles, La main du Diable, met en scène Adrian, qui passe un pacte avec le Diable pour assouvir ses désirs de vengeance.
La seconde, La poupée, lorgne furieusement du côté de chez Chucky ou Doll. L’histoire du jouet démoniaque est un classique, mais l’auteure nous fait oublier ce manque d’originalité grâce à sa plume fort agréable.
Et enfin, L’homme en noir, troisième et dernier texte où Daniel et Annie se retrouvent amnésiques dans un hôpital. Ils sont tous deux poursuivis par un mystérieux.... homme en noir (les titres sont très explicites quant au contenu). Cette nouvelle est ma préférée, car sa construction est un petit modèle du genre !
Vous l’aurez compris, j’ai passé un très bon moment de lecture grâce à La main du Diable et autres contes macabres qui à défaut d’être original (ce qui d’ailleurs n’était pas son but) est un superbe hommage.
PS : A vos tablettes car ce livre n’existe qu’en numérique pour le moment, ce qui est un peu dommage vu la jolie couverture style giallo des années 1970 et la qualité des textes.
Editions L’ivre-book
Juin 2014
228 pages
3,99€