Un employé modèle c’est l’histoire de Joe. Joe est un homme célibataire déficient mentalement et qui travaille comme agent d’entretien au commissariat de Christchurch en Nouvelle Zélande.
Tout le monde aime Joe surtout Sally, une employée de maintenance qui fait un transfert sur Joe qui lui rappel son frère handicapé, décédé il y a quelques années.
Le petit hic c’est que Joe le benêt n’est pas celui qu’on croit. C’est en fait un psychopathe qui tue et viole ses victimes par pur plaisir. C’est lui le bouché de Christchurch dangereux sérial killer activement recherché par la police.
Rien de mieux que sa couverture pour savoir où en est l’enquête. Joe vit une vie heureuse entre jeux de rôle au travail et meurtres sanglants en guise de loisirs jusqu’au jour où un crime qu’il n’a pas commit lui est attribué…et ça Joe il n’aime pas !
Paul Cleave prend le parti de nous faire vivre l’histoire à travers les yeux de Joe ce qui implique un récit à la première personne (tout comme « Je ne suis pas un sérial killer » de Dan Wells). Le style est un peu particulier avec des phrases assez courtes et simples (simplistes ?). Mais c’est surtout le grand nombre de détails et d’anecdotes inutiles à mon goût qui donnent un rythme un peu bancal à toute la première partie du livre. Ensuite on s’habitue et on se laisse prendre au jeu.
Les points forts du roman sont la psychologie de Joe bien travaillée (son complexe d’Œdipe, son amour pour ses poissons rouges et son sentiment de supériorité envers la police et les femmes en général). Là où l’auteur est très bon également c’est pour nous donner des sueurs froides lors de moments intenses et violents. A ce titre la rencontre entre Mélissa et Joe est de loin le moment le plus marquant du livre, celui dont on se souvient longtemps après avoir lu le livre (enfin je pense, je viens de le terminer hier du coup je n’ai pas trop de recul …).
Paul Cleave nous présente donc une œuvre avec des faiblesses certes mais aussi de grandes qualités. Je suis donc curieux de lire ses deux autres livres afin de voir si son style a évolué dans le bon sens sans perdre de son intensité lors des moments clefs.
Editeur : Sonatine (20 mai 2010)
423 pages