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Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

Le Cri de Marc Falvo (chronique de Laetitia)

Publié le 15 Juillet 2015 par Laetitia in Chroniques

Le Cri de Marc Falvo (chronique de Laetitia)

Marc Falvo, scénartiste, metteur en scène, écrivain amoureux des mots a réussi à faire de ses rêves une réalité avec la parution d'Un Os à Ronger qui l'a propulsé au devant de la scène. Il devient alors le plus jeune auteur de la maison d'édition du Riffle. Interéssée par ce gars de chez moi je le découvre au détour d'un roman au titre intrigant, Le Cri.

 

            Un jeune homme sans travail découvre derrière les murs blancs de son appartement des feuillets qui lui semblent rédigés par l'ancien locataire de son logement et se met un point d'honneur à découvrir l'auteur de ses écrits disséminés dans son appartement blanc maculé dans lequel il vient d'emmenager pour échapper aux rats qui pullulaient dans son ancien logement.

Je me plonge alors dans la lecture et l'écriture de ce roman et je ne suis pas franchement emportée. Cependant quelque chose me pousse à continuer c'est donc que j'y trouve un certain interêt. Quelque chose me donne envie de connaître ce qui se cache derrière ce personnage étrange, pas vraiment attachant et dont on comprend de suite la folie. Et c'est cette folie, son moteur qui me fait  continuer.

            Construit comme des actes de théatre avec l'insertion d'extraits de série, de show, l'influence de l'auteur est trés marquée. C'est un roman fou qui s'articule autour de la folie: un appartement aux murs blancs tels ceux des asiles d'aliénés, des séquences de film, de radio comme des voix dans une tête. La folie annoncée est deja suggérée par l'athmosphère étouffante dans laquel opére le personnage: vision de rats, mutisme des voisins, désinterêt  pour sa petite amie. Les lettres semblent le seul moment de lucidité de Paul. Elles lui révellent sa vraie nature. Chaque lettre permet à Paul de se découvrir, de comprendre la folie qui le tenaille et cela le rend encore plus fou. Quoi de plus effrayant que de découvrir qui l'on est vraiment, sa vraie nature.

Le roman compose avec le présent et le passé. Le présent de sa petite amie qui a vite compris ce dont souffre Paul et le couche dans son journal intime ou le pointe maladroitement dans l'interwiew TV.  Réalité qu'elle n'ose avouer, qu'elle se refuse à croire, mais d'une telle évidence. Paul voit blanc ce qu'elle voit rouge. Quant au passé, il est retacé à travers la lecture des lettres que découvre Paul et dont il n'en comprend pas encore le sens.

            Falvo a réussi à m'accrocher avec toutes ces interrogations: qui a écrit les lettres? Paul? Le locataire avant lui? Quelqu'un encore bien avant? Sont-elle réelles ces lettres? Et si me m'interroge vraiment, qui est Paul? Voila comment Falvo a réussi à m'embarquer, à me donner envie de connaitre cette réalité et là où l'auteur a excellé c'est lorsqu'il a réussi à me faire entrer dans la tête de Paul, de voir à travers ses yeux et à ressentir et imaginer  le visage de Paul au fur et à mesure qu'il découvre sa propre folie. Un visage qui se liquifie, rongé à la fois par la folie et la peur que celle-ci lui procure lorsqu'il comprend enfin sa folle plongée vers la réalite de ses actes, de ses crimes. Ce visage colle alors avec celui du tableau de l'Allemand Munch et cet être qui crie toute sa peur, sa haine ou sa folie. Le tableau de Munch représente un être transfiguré happé dans son cri comme doit alors se sentir Paul face à sa propre folie.

 

            Et c'est ainsi que j'ai tourné les pages sans jamais être totalement portée par l'oeuvre  mais je l'ai lu car je voulais savoir. Falvo a donc réussi à m'embarquer dans cette folie, il a su y mettre ce petit quelque chose indescriptible qui ne vous laisse pas indifférent.

Un grain de folie peut-être?

 

                                                            Marc Falvo

Le Cri 

Broché 292 pages
Editions Fleur sauvage

4 ème de couverture

Un nouvel appartement, loin des rats; Mais sous l'apparente blancheur des mots cachés, des récits, tel un cri. Un appel au crime. Scénariste et romancier, Marc Falvo nous plonge ici dans une ambiance que ne renierait certainement pas le cinéaste David Lynch. Thriller littéraire, récit atmosphérique, Le Cri se révèle être une oeuvre aussi étrange qu'envoûtante.

 

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