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Blog culturel. Chroniques littéraires, musicales et interviews

Chronique de Sans pitié ni remords de Nicolas Lebel

Publié le 20 Septembre 2015 par Gaylord Kemp in Chroniques, coups de coeur

Chronique de Sans pitié ni remords de Nicolas Lebel

En mai de l’année dernière, je disais du second thriller de Nicolas Lebel (Le jour des morts) : « ce thriller est purement et simplement le meilleur que j’ai lu en 2014 ! ». Vous comprendrez donc que j’attendais beaucoup de ce troisième volet des enquêtes du capitaine Merlicht !

 

Jacques, l’ami de Merlicht est décédé. Le capitaine peine à passer outre la perte de cet être cher et noie son chagrin dans l’alcool. Il décide de prendre des vacances pour rejoindre sa tendre Mado en province. Pourtant, un événement va mettre en péril ces congés. En effet, chez le notaire en charge de la succession de Jacques, Merlicht hérite d’un diamant qui se trouve être l’œil d’une statuette africaine mystérieusement disparue des réserve du musée il y a des années. En parallèle, les anciens suspects du vol de l’époque se suicident les uns après les autres. Quel rôle a joué Jacques dans ce rapt d’objet d’art ? Merlicht annule ses vacances et décide de faire équipe avec le capitaine Kabongo de la police de l’art pour le blanchir.

Latour et Dossantos sont également de la partie. Merlicht en étant sensé être en congés, ils recevront leurs ordres du chef de groupe Cuvier, un individu antipathique au plus haut point.

 

Pour ceux qui ne connaissent pas encore les personnages de Nicolas Lebel, je vous les présente rapidement.

Le capitaine Merlicht, dit Kermit, dit google est un épicurien au teint verdâtre (la clope ce n’est vraiment pas bon pour la peau) adorateur de la culture. Il a un sens de la répartie incroyable : « Mais je bois parce que je suis triste… Et il y a pas pire cocktail que d’être triste et sobre. Les irlandais, ils enterrent leurs morts et filent au pub pour se poivrer le nez et chanter des chansons. Et personne ne leur dit rien ! »

Dossantos et Latour font partie de l’équipe du capitaine. Le premier est psychorigide du Code pénal expert en arts martiaux. La seconde est une enquêtrice de talent avec un grand sens des valeurs.

Il y a également Cuvier, tout nouveau dans l’univers Lebel. C’est un chef de groupe pestiféré. Imbuvable avec ses collègues, il est aussi incompétent. Il est à l’origine de phrases qui sont amenées à devenir cultes :

« Le lieutenant Latour se met le doigt dans l’erreur ».

« On se serre les coudes à coudes »

« C’était réglé comme une lettre à la Poste. »

C’est un florilège de bons mots !

 

J’ai envie de dire (private joke) que Nicolas Lebel nous donne une véritable leçon d’Art.

Il a l’Art de créer des personnages incroyables.

Il nous parle d’Art africain, du Louvre, de Baudelaire, de cryptage et on apprend beaucoup à la lecture Sans pitié ni remords.

Il a l’Art et la manière d’aborder des thématiques fortes, et ce, en grands nombres sans même que le lecteur s’en aperçoive (la violence dans notre société avec l’histoire de non-assistance à une personne qui se fait agresser dans le métro — Le FN et son système de communication perfide et vicieux — Les sociétés privées de protection et leurs dérives…).

 

Nicolas Lebel est un Artiste des mots.

Il n’utilise aucun Art-ifice.

Il transcende le genre dans lequel il officie et il est sans pitié pour ses collègues auteurs (certains morts du livre portent le nom d’écrivains de thrillers) qui vont avoir bien des difficultés à se hisser à son niveau.

Il est d’une incroyable créativité en atteste ce passage : « Vu du ciel, ils devaient dessiner un smiley bizarre. Debout, en arc de cercle ; Merlicht, Dossantos, Latour, Matiboult, Carrel et peux autres pékins en formait le sourire. Le prêtre et le fossoyeur en face d’eux faisaient les yeux. Le cercueil, le nez. De là-haut, agglutinés entre les tombes, ils devaient ressembler à un tas de mouches, dans leurs vêtements sombres qu’animait par instants le vent de novembre. »

 

Sans pitié ni remords est un chef d’œuvre. Le meilleur livre de 2015 ? C’est bien parti !

 

 

4 ème de couverture:

9 novembre, cimetière du Montparnasse. Le capitaine Mehrlicht assiste, en compagnie de son équipe, aux obsèques de son meilleur ami, Jacques Morel. Quelques heures plus tard, il se retrouve dans le bureau d'un notaire qui lui remet, comme « héritage », une enveloppe contenant un diamant brut. Il s'agit de l'un des yeux d'une statue africaine, le Gardien des Esprits, dérobée dix ans auparavant lors du déménagement du Musée des arts africains et océaniens, que Jacques avait supervisé, et recherchée depuis par la « Police de l'Art ». Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous le commandement du capitaine Cuvier, un type imbuvable aux multiples casseroles, quand les inspecteurs Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l'apparent suicide d'un retraité. Quelques heures plus tard, ils assistent impuissants à la défenestration d'une femme qui, se sentant menacée, avait demandé la protection de la police. Les deux « suicidés » avaient un point commun : ils travaillaient ensemble au MAOO lors de son déménagement. Ces événements marquent le début de 48 heures de folie qui vont entraîner Mehrlicht et son équipe dans une course contre la montre, sur la piste de meurtriers dont la cruauté et la détermination trouvent leur origine dans leur passé de légionnaires. Une enquête sous haute tension, dans laquelle débordent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIe siècle.
 

 

384 pages

Editions Marabout

(26 août 2015)

19.90€

 

Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 21/09/2015 15:04

Il m'attend dans ma PAL. Je pense que je vais l'en sortir plus vite que prévu.